test: L’histoire de Zyed, Bouna et de la révolte des banlieues

La mort de deux jeunes ou l’étincelle qui a mis le feu aux poudres

Le 27 octobre 2005, en pleine période de Ramadan, trois jeunes rentrent d’un match de foot, avec leurs amis. Sur leur chemin, ils tentent d’échapper à un contrôle de police qui, pour certaines populations, peut vite devenir un épisode humiliant et désagréable.

Zyed, Bouna et Muhittin se cachent alors derrière un transformateur EDF. Les deux premiers y perdent la vie, électrocutés, et le troisième en ressort gravement brûlé.

Plusieurs choses ont été reprochées aux forces de l’ordre. Premièrement, les contrôles abusifs : les adolescents ont été poursuivis par les policiers sans qu’aucune effraction de leur part n’ait été commise. Ensuite, leur manque de réactivité et le temps qu’il leur a fallu pour appeler les secours a grandement été décrié. L’un d’eux dira même au moment du drame : “S’ils entrent dans le site, je ne donne pas cher de leur peau”.

Deux policiers ont été poursuivis pour non-assistance à personne en danger mais ont été définitivement relaxés en 2015. Le tribunal a décidé que les deux policiers n’avaient pas connaissance d’un danger « certain et imminent ».

Chronologie des faits via The Funambulist

L’ampleur des révoltes 

Le soir même de la mort des deux jeunes hommes, les quartiers de Clichy-sous-Bois se sont fait entendre et des affrontements ont éclaté.

Mais c’est le lancé d’une grenade lacrymogène par les forces de l’ordre à l’entrée d’une mosquée le 30 octobre 2005 qui a déclenché des mouvements dans toute l’Ile-de-France, qui s’étendront très vite dans tout le pays.

Les mois précédents, des tensions étaient déjà présentes entre gouvernement et quartiers après que Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir “nettoyer les cités au kärcher”; provoquant l’indignation. De tels propos n’ont fait qu’aggraver un sentiment de non-appartenance à la nation, que les populations concernées ressentaient depuis déjà bien longtemps.

Les révoltes de l’automne 2005 sont les plus importantes en France depuis Mai 68 et sans équivalent en Europe avant celles de 2011 en Angleterre. En quelques chiffres : 

  • 300 communes touchées
  • Des centaines de blessés
  • 6000 personnes interpellées
  • 200 à 250 millions d’euros de dégradations
  • 1 couvre-feu
  • 3 mois d’état d’urgence

Une occasion de dégrader le pays pour certains, un cri de douleur et un appel à l’aide pour d’autres ; ces événements sont d’une extrême importance dans l’histoire moderne de France.

L’après Automne 2005

De nombreuses questions ont été soulevées au lendemain des révoltes, notamment sur la place des banlieues et des quartiers populaires dans le paysage français.

Est née alors une volonté d’avoir des médias plus diversifiés et plus représentatifs des populations qui font notre pays. Dans toutes les sphères de la société, on aspirait au changement.

L’État de son côté a mis en place un plan de renouvellement urbain de 48 milliards d’euros dépensés entre 2005 et 2015 avec des voies publiques et des transports en commun pour désenclaver les quartiers qui sont souvent à l’écart de la ville. Celui-ci n’a pas eu le résultat escompté : ses effets sur le chômage et les inégalités économiques n’ont été que très minimes.

 

Zyed et Bouna ce sont deux noms, deux visages gravés à jamais dans la mémoire de milliers de jeunes issus de quartiers populaires.

Une jeunesse qui a vécu ces révoltes et en a subi les conséquences, et une autre qui a grandi en entendant ces noms et ces histoires qui aujourd’hui encore, ne font que trop bien écho à leur quotidien.

 

 

Le saviez-vous ?

Pendant les révoltes, des journalistes suisses s’installent à Bondy pour couvrir les événements depuis l’intérieur même des banlieues.

Ce qui a ensuite donné naissance au Bondy Blog que l’on connaît aujourd’hui et qui s’est donné comme mission de raconter le quotidien des personnes que l’on n’entend pas dans les médias traditionnels.

 

Auteure : Salamata SALL